Peau d’Ba'al

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Le totalitarisme n’est pas d’abord un excès de pouvoir, mais un effondrement de la pensée, du langage et du lien humain.

Sacrifices d’enfants à Moloch

Nous entendons sans cesse cette supplication dans les médias parallèles informés, dénonçant les affres de ce totalitarisme en puissance et que nous subissons depuis bien trop longtemps : « Que peut-on faire contre cela, quelle est la solution ? »

Résister, mais comment ?
Puisque du côté extérieur : manifestations diverses et variées, pétitions, parlotes engagées, politiciens véreux, etc. rien n’y fait !
Serait-ce donc une affaire liée à notre intériorité ?

Face au totalitarisme, la plupart des auteurs philosophes engagés ne prônent ni la violence ni la radicalisation, mais font l’éloge de la pensée vivante (Hannah Arendt), de la parole singulière (Matthias Desmet), de la fidélité à la vérité intérieure (Ariane Bilheran).
Résister n’est donc pas forcément s’opposer frontalement par la force, mais sans aucun doute :

  • refuser la simplification,
  • maintenir le doute fécond,
  • préserver le discernement,
  • protéger la dignité humaine,
  • ne pas se laisser faire.

Et cela appartient à chacun de nous, dans les plus petits détails de notre vie courante.

Ce qui est flagrant et dont nous faisons les frais, c’est que le totalitarisme moderne ne porte pas toujours d’uniforme. Il est plus subtil, et se présente comme rationnel, protecteur, voir moral, scientifique ou sécuritaire même. Mais son signe distinctif demeure : l’effacement progressif de la pensée libre au profit d’un récit unique auquel chacun doit se conformer sans mot dire (sans maudire).

Qui que l’on soit, et à quelque place que l’on se situe dans la société, il s’agit quand même, à l'œuvre d’un pouvoir déshumanisé, élitiste, autoritaire et de fait illégitime, gravement et foncièrement pathologique et qui entretient des rapports basés sur l’exclusion avec le peuple qu’il considère comme un produit marchandable, corvéable à souhait et que l'on peut exécuter, faire disparaître. 

Il faut être sans conscience et sans amour pour ignorer, maltraiter, marchandiser, abuser et tuer à ce point des êtres vivants. On peut peut-être compatir envers la grande misère intérieure de ces personnages malgré leurs indifférences marquées pour autrui, mais le préjudice subi et les faits sont là, monstrueux, effarants. 
Faut-il pour autant se laisser anéantir sans s’indigner, sans avertir, sans se révolter face à autant d’injure et de profanation de la vie même ? Ne faut-il pas alerter et prendre part à ce qui relève de la dignité humaine ? 

La tâche de l’entité humaine, comme celle de chacun, consiste à vivre en harmonie les uns avec les autres. Cela implique que nous soyons fraternellement responsables les uns des autres.
Notre intériorité sert l’essence même de la vie. L’extérieur et l’intérieur ne sont pas séparés.
Toute attention portée vers l’extérieur a du sens en fonction du service commun, du bon sens et du bien de tous. 

« Aime ton frère comme toi-même, veille sur lui comme sur la prunelle de tes yeux » (Mt22. 37-38).

Respectons les droits de l'homme, à commencer par soi-même.
Arrêtons de vivre dans une société artificielle, de parler un langage mensonger avec lequel notre expérience est toujours en porte-à-faux. C’est à un effort de sincérité personnelle et collective que nous sommes appelés.
Cela peut-il se produire sans conscience, sans connaissance de soi, de qui nous sommes vraiment ?
Social, politique, économie, écologie, spiritualité... tout est lié en UN SEUL ENDROIT : l'homme.
Va-t-il se mettre en route pour atteindre le MEILLEUR DE LUI-MÊME, seul capable en vérité de modifier le cours des choses ?
Sinon c'est faire croire à un mirage de plus !

« On s’engage quand quelque chose parle au fond de soi et nous intime de livrer le meilleur de nous-mêmes. » 

S’enchanter soi-même

Est-il possible de bien vivre alors que l’on nie en permanence quelque chose d’important en soi ?
Quel guide, coach, accompagnateur, ami, psychologue, enchanteur… ouvrira la porte vers une énergie libératoire ? 
La réponse de Socrate dans le « Phédon » (un peu simplifiée) serait la suivante :

« La Grèce est vaste, et il s’y trouve des hommes excellents ; nombreuses aussi sont les races des Barbares. Il faut fouiller tous ces pays pour chercher cet enchanteur […]. Mais il faut aussi le chercher vous-mêmes les uns chez les autres ; car il se peut que vous ne trouviez pas de gens meilleurs que vous-mêmes pour pratiquer ces enchantements. »

La lumière, en toi, éclaire les situations de ta vie, elle ne va pas les changer. Tu mèneras la même vie qu’avant mais tout à fait différemment par la conscience que tu y mets. Cette conscience, ce n’est pas quelque chose qui te fait voir bleu le mur blanc. C’est quelque chose qui te fera mieux apprécier celui qui regarde le bleu ou le blanc. Ce n’est pas quelque chose qui change la vie au point de vue phénoménologique des évènements, c’est au point de vue lucidité intérieure des évènements que cela change tout dans ta réalité.

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