La pratique de l’assise

Rédigé par spirit Aucun commentaire
Classé dans : Chemin de transformation Mots clés : aucun

Asseyez-vous pour voir !

Cet article est le dernier d’une série de trois sur l’assise immobile et silencieuse dont les deux premiers sont :
1/ Et si on s’asseyait... pour voir. Introduction à l’assise.
https://spirit.ouvaton.org/et-si-on-sasseyait
2/ Rencontrer le silence… sans le fuir. L'expérience de l'assise.
https://spirit.ouvaton.org/rencontrer-le-silence

S’asseoir c’est se poser, pas se reposer !
S'asseoir c’est oser affronter son histoire, pas se raconter des histoires !
C’est décider, par un acte concret dans la matière d'un geste empreint de calme : s’asseoir simplement. C’est s’offrir un moment de paix en se retirant de l’agitation environnante. C’est se mettre à disposition en étant pleinement avec soi orienté vers l’intérieur, se confier à soi-même en toute humilité, écoutant son corps et les voix du dedans. C’est un luxe que l’on peut s’offrir, un aparté face à notre monde délirant. Cette posture d’assise est la position qu’ont prise ou prennent encore les sages de toute obédience pour parler de leurs expériences ou méditer en orient comme en occident…

Dans les tribus du monde, on s’asseyait et l’on s’assoit encore pour parler de l’essentiel, partager la sagesse et invoquer les Dieux.
Aujourd’hui, nous faisons de même entre nous si nous avons des choses importantes à nous dire entre amis. Ou si, seul, un problème nous envahit et que nous ne savons pas quoi faire, nous nous asseyons pour recourir au calme et tenter de mettre de l’ordre dans nos pensées…
Cette position favorise l’attention, l’écoute, l’ouverture du cœur, le discernement, les prises de conscience.
Cette position assise permet donc d’arrêter une certaine activité du corps et agitation pour laisser la place à un certain silence nécessaire à la découverte possible d’une solution à notre préoccupation du moment.

Il y a dans cette posture une panoplie variée de techniques et de divers exercices qui vont caractériser le déroulement de l’assise. À l'état de base, c’est la plus simple des techniques corporelles permettant de se rencontrer, de découvrir qui on est en vérité.
S’asseoir en silence et dans l’immobilité, être attentif et respirer est donc une première étape nécessaire à une aventure spirituelle simple. Le fait de s’installer dans cette attitude d’assise tous les jours est un acte politique radical de pleine santé et de résistance face à un monde malade et désorienté, basculant dans la folie. C’est la confirmation que l’on s’établit dans le monde de l’être, permettant des prises de conscience, créant et réajustant notre conception du monde. C’est entrer en amitié avec soi-même tel que l’on est.

Il va donc s’agir de s’aligner physiquement avec son être intérieur. Relier le bas et le haut dans une dimension spirituelle. Tout est question du regard porté sur soi correspondant au degré de conscience de celui qui regarde. Nous n’avons pas à nous dérober à nous-mêmes, mais devenir plus responsable, plus sensible, plus présent à ce qui est. Vous seul avez la clef de vous-même.

Chaque pratique est une rencontre amoureuse avec soi-même. Donnez-vous un temps de pratique pas trop long au début : dix, quinze minutes par exemple pour trouver la bonne posture corporelle et quinze autres minutes d’assise immobile et silencieuse.

Au début, c’est déjà tout un programme de placer son corps, de trouver SA posture, surtout si vous êtes par terre, assis en lotus sur un coussin... soyez patient et persévérant ! Avec le silence et l'immobilité, vous allez d’abord vous dérouiller, passer par des moments troubles et progressivement ouvrir la porte sur la pratique et tôt ou tard, découvrir le meilleur de vous-même. Ne vous inquiétez pas si ça grince un peu au début, une porte que l'on n'ouvre pas fréquemment grince, c’est normal !

Une fois le corps en place et stable, la position d’assise trouvée et adoptée...
C’est parti… ou plutôt, c'est assis !

Fermez les yeux, c’est plus simple. Et rappelez-vous que mener l’expérience avec efficacité nécessite de ne pas bouger (sauf au début si n’ayant pas encore trouvé la bonne position de départ, vous avez trop mal). Mais si vous bougez, faites-le avec conscience. Rééquilibrez-vous en corrigeant silencieusement et sans précipitation, votre position de départ ; et marquez cette intervention d’un petit rituel de présence à vous-même : conscientisez un petit salut bref en abaissant votre tête de quelques centimètres vers le bas. N’oubliez pas qu’une assise réussie est une assise qui se déroule en conscience quoi qu’il arrive, le chemin compte plus que le but. Il ne s’agit pas de concentration, mais d’une attention respectueuse et amoureuse pour vous-même, sur ce qui se passe en vous dans ces instants que vous apprivoisez. Le plus important, c'est vous !

Dans le temps de l’assise, quand une douleur physique apparaît, comment passer, traverser la douleur (sans avoir à bouger) ?
Qu’avez-vous à découvrir dans cette expérience de conscience de « qui vous êtes » dans ce temps d’assise ?

Description sommaire d’un parcours d’assise pour goûter à la pratique...

Vous vous êtes installé correctement, votre corps est en place depuis un moment et vous sentez que c’est bon d’être là…
Mais bientôt, une douleur corporelle se manifeste. La bataille commence, mais pas de panique, vous êtes chevalier de vérité !

  1. Nommez la douleur physique, ne la repoussez pas, observez-là : ça fait mal où, de quelle façon ?
  2. Votre douleur physique vous renvoie en miroir à une douleur intérieure, une sensation intérieure, floue sans doute au début, mais nommez-la le plus précisément possible.
  3. Regardez en correspondance quel est votre état psychique dominant en cours dans votre vie. C’est naturellement que se fait le pont avec votre vie dans l’assise. Vous êtes devant toutes les situations qui défilent là où vous avez mal de même dans votre vie.
  4. Revenez à la douleur physique pour affiner votre ressenti, si c’est nécessaire.
  5. La percevoir dans sa totalité, en voir les manifestations, la suivre jusqu’à ce que vous soyez suffisamment proche d’elle et qu’elle vous livre ses secrets : Cela revient à faire un diagnostic sur votre douleur du moment, dedans-dehors : je souffre de quoi ?
  6. Qu’a-t-elle à vous dire cette douleur corps-esprit ?

L’axe de l’assise, c’est d’apprendre dans l’assise ce qui nous manque pour régler la situation douloureuse, inscrite dans le déroulement de notre vie. C’est permettre d’ouvrir son esprit, d’élargir sa conscience à ce qui est pour devenir de plus en plus libre et souverain.

L’attitude juste, en tout point, c’est de prendre ce qui est et c’est ce qu’il faut aimer. Il n’y a pas de grande expérience possible sans prendre la plus petite douleur de l’instant comme elle est. C’est la seule expérience à considérer que de prendre la petite douleur présente et de l’aimer, identifier cette douleur et l’aimer, avoir de la tendresse pour soi et cette souffrance. Sans cela, l'ayant vu, c’est comme si vous étiez malveillant envers vous-même en appuyant plus fort à l’endroit où ça fait mal.

La pression ou l’engourdissement dans vos jambes par exemple pourrait faire apparaître une sensation psychique qui va correspondre à votre vie en ce moment : à travers cette douleur, vous venez de réaliser que depuis quelque temps vos journées sont sous pression ; et si vous persistez à voir, vous remarquez que ce sentiment lié à « la pression » vous habite tout le temps… et cette observation du présent pourrait être bientôt confirmée par un souvenir de votre enfance où vous aviez subi ce genre de pression désagréable, voire traumatisante...
Bien menée, cette observation et conscientisation dynamique dans la traversée de l’assise, relativise et calme aussitôt la douleur physique. Elle est devenue secondaire, comme si l’intérêt que vous aviez porté à votre personne dans sa globalité « intérieur-extérieur » dans ce temps d’assise ne pouvait que vous révéler à la réalité de vous-même. Vous êtes en communion avec vous-même, c'est le plus important. Le sens de votre douleur intérieure secrète que manifestait votre corps sous pression vous apparaît clairement. Alors, le prétexte de la douleur physique n’a plus d’importance ni de raison d’être dans l’assise.

Vous comprenez, que cette rencontre amoureuse avec vous-même dans l’assise, dans son déroulé dedans et le soulagement qui s’ensuit également au-dehors, met tout autant en évidence le choix possible d’une relation différente de soi à soi, à l’extérieur dans votre vie. Votre assise vous a montré l’ouverture possible à une piste d’actes que vous pouvez mettre en œuvre, quand ce sera le moment, dans le but de corriger votre rapport à la « pression » dans votre vie. 

Cette « pression » qui vous fait mal dans la vie, est le résultat d’une facette de votre personnalité gravée dans votre mémoire, un bout de votre histoire due aux circonstances « traumatiques » que vous avez traversées il y a longtemps. Vous pouvez maintenant que vous avez donné du sens à votre douleur, reconnaître pour vous-même que vous avez le choix de ne plus subir cette « pression » au présent de votre vie. Votre responsabilité est engagée, vous pouvez décider de quitter votre ancienne apparence d’une personne sous « pression » en actant de vous à vous la solution d’apaisement approprié à la situation attenante. Sans blesser personne, vous vous affirmez dans le respect et la qualité d’être que vous êtes.

Peut-être, vous faudra-t-il revenir plusieurs fois sur le sujet pour trouver le bon acte. Mais une fois trouvé et l’acte posé dans sa réalité existentielle, s’il est juste, vous ne devriez plus avoir à revenir dessus et cet aspect de votre vie se transformera.

Synthèse fin d’assise :

Vous avez vécu une dimension de vous-même (corps et images qui parlent) en correspondance de situations de vie ou vous étiez celui-là, celle-là...
Vous avez nommé qui vous étiez.
Maintenant, c'est l’humain qui traduit les actes à produire, ni trop grand ni trop petit.

  1. Nommer ce que vous venez de sentir.
  2. Voir l’écho avec la situation de votre vie.
  3. Quel concret vous allez mettre en place ?
  4. Le formuler clairement au terme de l’assise : quel est le rendez-vous d’aujourd’hui transposable dans votre vie ?
  5. Faire l’acte pour voir s’il est juste et réajuster si besoin.

Est-ce que la vie à travers les choix que nous faisons, nous offre une bonne vie ?
À quels endroits je n’ai pas une bonne vie ?

Nous devrions être habités du désir profond de voir, non de croire

Pour se reconnecter à la réalité de notre existence, sans culpabiliser, mais comme signe de bonne santé, nous devrions avoir le souci de cerner et de défaire les mensonges teintés de "rassurants" qui affaiblissent notre vie la plupart du temps. C’est une bonne façon de rester vivant et d'ouvrir les yeux sur un système global en perdition afin d'en déjouer les stratagèmes.  C'est aussi assumer ses propres responsabilités en osant participer à l'avènement d'un monde nouveau. Nous avons donc le choix d’une humanité qui cherche à sourire plutôt que celle qui préfère gémir encore et encore. Cela commence en silence au cœur de nous-même par une écoute sincère et active.

Écrire un commentaire

Quelle est le troisième caractère du mot p3d0utl8 ?

Fil RSS des commentaires de cet article