Le bonheur

Rédigé par spirit Aucun commentaire
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C’est quoi le bonheur pour soi, pour nous ?

Même s’il est arbitrairement et communément défini comme étant un état vers qui tout le monde tend ouvertement, on ne peut accaparer et s’approprier le bonheur.

Chaque fois que l’on tente de le prendre ou de le retenir, il nous échappe et se change en déception, voir en amertume.

Peut-il y avoir une seule réponse à ce qu’est le bonheur ?

Autant, on peut dire ce qu’il n’est pas, autant on peut tenter d’exprimer la vérité de ce qu’il est ou représente pour soi-même à un certain moment dans sa vie à travers l’expérience particulière dont il découle.

Ce que je peux sentir du bonheur en est une de ces multiples facettes en relation avec l’instant traversé. Cet instant est baigné d’une certaine félicité, du goût d’un absolu offert par plus grand que soi. Ce bonheur-là est intemporel et n’engage que soi, sa vie à un moment donné, uniquement. Il n’a pas de nom, il se révèle et est immanent parce que relié à un dépassement de soi.

Le bonheur n’est pas une chose, il n’existe pas en tant que tel dans le monde, il n’est pas saisissable, mais on est saisi de bonheur. Il nous arrive d’être « gratuitement » dans des instants de bonheur, mais il existe surtout en le cherchant. Chercher, ce n’est pas vouloir, mais s’orienter vers. Il n’est pas « permanence » mais « impermanence », pourtant quand on le goûte, il nous paraît si familier.

Se poser et prendre du temps pour soi ouvre une porte sur l’accomplissement possible d’un bonheur, le sien, s’occuper de soi, prendre soin de soi, être dans un bon rapport avec soi-même, c’est être aussi en bon rapport avec le monde. Le premier exemple d’une réalisation accomplie qui nous remplit de bonheur et que nous ayons à contempler, c’est l’harmonie de la nature, en tout cas ce que nous considérons comme étant la nature. Cette nature dont nous sommes les hôtes et dont nous faisons partie, cette nature à laquelle nous ne sommes pas supérieurs, elle est notre premier maître, si nous le voulons bien.

Le bonheur essentiel est toujours simple, sans détours et sa demeure est d’abord ancrée en germe dans le cœur de chacun de nous quand il vibre à l’unisson de l’univers.

Le bonheur est un état d’être de justesse et de paix avec soi et le monde, il se manifeste dans la joie d'Être, il est éphémère, voire inexistant dans un monde toujours plus pressé, il a ses racines à l’intérieur de soi. Il se nourrit de la conscience d’un mal-être qu’il nous faut dépasser pour qu’il puisse pousser en germe et s’épanouir. Le bonheur est libre, humble et il s’échappe si l’on veut le prendre et le garder pour soi.

Côtoyer le bonheur, c’est être conscient de l'instant traversé, pleinement alerte et vivant. C'est conduire son existence en tenant la main du pardon, du pardon sur soi en premier lieu. C'est être touché par l’amour, pétri au cœur de la réalité ordinaire du monde. Il est contenu de manière incessante dans le flux de la vie et de la mort, de la joie et de la peine, car jamais rien n’est séparé. Il est relié en puissance à ce que l’on est au plus profond de soi, en dehors du mental. Il est le germe de Dieu intemporel.

Le bonheur habite en silence dans le Soi profond, si nous le laissons couler de sa propre source, il est le moteur qui mène à l’harmonie, même passagère, dans notre monde extérieur agité.

Le bonheur est dans l’instant une communion retrouvée.

« Sois sans crainte ! écarte de ton cœur tous les retours paralysants sur le passé ; lâche courageusement les misères du présent, que j’ai déjà pardonnées, et détourne tes yeux de toute angoisse pour l’avenir, puisque je suis et serai avec toi » Lc 1,26-38

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